Interview de Clémence

Est-ce que tu peux te présenter ainsi que ta famille ?

Je m’appelle Clémence, j’ai 29 ans, je suis mariée depuis 3 ans, en couple depuis 8 ans et maman d’un petit garçon de 18 mois. 

Pourquoi as-tu choisi d’être maman au foyer ?

J’ai arrêté de travailler avant mon mariage afin de préparer celui-ci. Je n’arrivais pas à me projeter et à m’épanouir dans une vie professionnelle avec ce si beau projet que j’avais en tête jour et nuit. Une fois le mariage terminé, j’ai commencé à postuler pour retrouver du travail mais je suis tombée enceinte plus rapidement que prévu. Signe du destin ou flemme, je n’ai pas réfléchi bien longtemps et j’ai arrêté mes recherches d’emploi pour vivre ma grossesse sans pression. À la naissance de mon fils, la question de reprendre le chemin d’un travail ne s’est même pas posée : je voulais être là, avec lui, tout le temps, tout lui donner et plus encore, ne rien rater (ou presque). 

Comment vis-tu ton rôle ? 

Mieux ! J’ai toujours eu beaucoup de mal avec le regard des autres mais plus le temps passe plus je m’en détache ! Je fais ce que j’aime et ce qui me rend heureuse et finalement il n’y a que ça qui compte.
Un aspect reste cependant encore un peu délicat pour moi : la rencontre de nouvelles personnes avec la traditionnelle question : « Que fais-tu dans la vie ? ». Si répondre que je suis maman ne me pose pas de problème, la réaction des autres (souvent surpris) et la question qui suit : « Ah ok, mais tu faisais quoi avant ? » me met souvent en difficulté. Comme si être maman ne pouvait pas me définir, comme si ce rôle n’en n’était finalement pas un. 

À quoi ressemble ton quotidien ? 

Le matin, je vis au rythme de mon fils. C’est lui qui me réveille. Je vais le chercher dans son lit, je lui fais un câlin et je le couvre de bisous. Son papa nous rejoint et c’est leur moment tous les deux : ils jouent un peu, il le change. Pendant ce temps je vais préparer le petit déjeuner et nous nous retrouvons tous les trois à table. Après le petit déjeuner, mon mari part travailler. Je me retrouve seule avec mon fils. On joue, on lit des livres, on range, on danse. Je suis son rythme et ce qu’il me propose, ce dont il a envie. Quand le temps le permet, on sort jouer au parc ou juste faire une course. L’heure du déjeuner arrive vite, suivie par l’heure de la sieste. À son réveil je le dépose à la halte-garderie. J’ai ensuite environ trois heures pour faire tout ce que je ne peux pas faire avec un petit dans les jambes : ranger (et que ça reste rangé), des courses, faire des repas, un moment pour moi, préparer le prochain week-end ou les prochaines vacances. Puis c’est la sortie de la garderie, la balade, le bain, son repas, au dodo. À 20h la maison est rangée et notre soirée en amoureux peut commencer pleinement. 

Comment trouves-tu ton équilibre ?

Les premiers mois ont été difficiles. Les journées se ressemblaient, je me suis un peu enterrée chez moi avec mon nouveau bébé, je n’avais plus envie de rien, plus rien à raconter : j’avais l’impression que la vie défilait sans moi. Tout le monde me demandait si et quand j’allais reprendre le travail, quand il allait aller à la crèche. J’ai longtemps prétexté de ne pas avoir de place en crèche et d’être obligée de le garder. Puis, nous avons eu une place en halte-garderie. C’est finalement à ce moment-là que mon rôle a pris une autre dimension et toute sa valeur. Quelques après-midis par semaine je peux laisser mon fils, sans culpabiliser, et avoir à nouveau un peu de temps pour moi, pour souffler et recharger mes batteries mais surtout 10 fois plus d’énergie pour m’occuper de lui après. Depuis, je savoure nos moments ensemble, nos retrouvailles mais également le temps que j’ai sans lui. Je trouve mon équilibre en m’accordant au moins un moment rien qu’à moi par semaine. Un cours de yoga, un moment avec une copine ou une pose de vernis, le tout est ce que ça ne soit lié qu’à moi.

Quel est le rôle de ton conjoint dans la gestion du quotidien (enfants, courses, ménage, etc.) ?

J’ai la chance d’avoir un mari extrêmement présent et aidant. J’ai beau être mère au foyer, je ne m’occupe pas de tout à 100% et ma charge mentale n’explose pas (enfin pas tout le temps !). Mon mari passe du temps le matin avec notre fils avant d’aller travailler. Ensuite c’est moi qui prend le relais lorsqu’il part travailler et le soir nous allons ensemble le chercher à la halte-garderie, tous les soirs. Il ne rate jamais une sortie de garderie ! Il y a souvent des petites courses à faire avant de rentrer, nous les faisons ensemble. De retour à la maison, c’est l’heure du bain et c’est mon mari qui s’en occupe pendant que je fais une pause et que je réchauffe le diner de notre fils que j’ai fait l’après-midi. Notre fils mange pendant que nous prenons l’apéro à coté de lui, c’est notre moment en famille. Nous gérons le coucher ensemble. S’il y a des réveils nocturnes pendant les maladies, les dents ou autre période difficile, c’est moi qui me lève. Mais si ça dure un peu trop longtemps, nous alternons une nuit sur deux.  

Comment ton conjoint vit ton rôle ?

Très bien ! Pour rien au monde nous ne voudrions changer cette situation. 
Mon mari est entrepreneur, de ce fait il aménage son emploi du temps comme il le souhaite. Nous partons en week-end le jeudi si ça nous chante, en vacances en plein mois de janvier. Pas de contraintes et du temps en famille, c’était ce que nous voulions, tous les deux. 

Comment ton entourage (famille et amis) réagissent face à ton rôle de mère au foyer ?

Je sens que la plupart d’entre eux ne comprennent pas : « Tu as fait 5 ans d’études pour ça ? » .
Ma famille me demande souvent si je ne suis pas en manque de travailler, de me challenger, si je ne m’ennuie pas. Certain(e)s de mes ami(e)s me demandent régulièrement si je pense retravailler un jour. Et même si je pense que de leur part à tous, il n’y a finalement que de la bienveillance, de la peur – et si ton mari part que feras-tu ? – leurs questions sont néanmoins blessantes à chaque fois, comme une piqûre de rappel pour me dire qu’ils ne valident et n’approuvent pas ce choix. Je pense que ces personnes s’imaginent que je passe mes journées à glander sur mon canapé, surtout quand mon fils est à la garderie. Heureusement, j’ai aussi des amies qui me soutiennent et me comprennent mais surtout, et c’est le plus important, un mari avec lequel cette décision est validée à 100%. Ce choix je ne le regrette en rien. C’est le métier qui m’épanouit le plus, j’en suis certaine.

Que penses-tu de l’image (souvent négative) que les gens ont de la mère au foyer ? Des choses à leur dire ?

J’ai du mal à comprendre cette image négative. Chacun fait bien le métier qu’il veut (ou qu’il peut !). Alors pourquoi ne pas donner autant de crédit à une femme qui choisit de s’occuper de sa maison, ses enfants, son mari ? Nos grands-mères se sont battues pour que l’on puisse travailler mais surtout pour que l’on ait le choix. Si mon choix est celui de ma famille, si c’est ce rôle qui m’épanouit, alors où est le problème ? J’aimerais leur dire à tous ces gens : lâchez moi ! Je fais ce que je veux ! Je suis heureuse.

Compte Instagram : http://www.instagram.com/clemclem.bo

CHAPTER 1. Loomings

Call me Ishmael. Some years ago—never mind how long precisely—having little or no money in my purse, and nothing particular to interest me on shore, I thought I would sail about a little and see the watery part of the world. It is a way I have of driving off the spleen and regulating the circulation.

Whenever I find myself growing grim about the mouth; whenever it is a damp, drizzly November in my soul; whenever I find myself involuntarily pausing before coffin warehouses, and bringing up the rear of every funeral I meet; and especially whenever my hypos get such an upper hand of me, that it requires a strong moral principle to prevent me from deliberately stepping into the street, and methodically knocking people’s hats off—then, I account it high time tozz get to sea as soon as I can.